Ryad Merhy

Ryad Merhy

Le Prince des rings !

LE BOXEUR BELGE RYAD MERHY (25 ANS) EST LA LOCOMOTIVE DU NOBLE ART EN BELGIQUE ET DNAS LA VIE, C’EST UN ATHLÈTE ATTACHANT QUI MONTRE UNE BELLE IMAGE DU PUGILISME. S’IL S’EST INCLINÉ PAR KO TECHNIQUE AU 11e ROUND FACE AU FRANÇAIS ARSEN GOULAMIRIAM POUR LE TITRE MONDIAL W.B.A DES LOURDS-LÉGERS AU PALAIS DES SPORTS DE MARSEILLE EN MARS DENIER, C’EST BEL ET BIEN AVEC TOUS LES HONNEURS TOTALISANT AUJOURD’HUI UN PALMARÈS EN BÉTON AVEC 25 COMBATS CHEZ LES PROS DONT 24 VICTOIRES (20 PAR KO) ET UNE DÉFAITE QUE RYAD MERHY RESTE L’UN DES ESPOIRS MONDIAUX DE LA CATÉGORIE AVEC QUI IL FAUT COMPTER. RENCONTRE PUNCHY…


Au moment d’écrire votre destin, lors du championnat du monde en mars dernière, à quoi, à qui pensez-vous ?
Je pense au pays qui m’a accueilli quand j’étais enfant, qui a fait de moi un homme, qui m’a donné la chance de réaliser mon rêve. Il me tient à cœur de le souligner à une époque où l’on oppose les communautés, à un moment où les migrants font peur, où même votre voisin risque de subir vos doutes. Encourageons plutôt les gens à se donner la main, cette main qui m’a sauvé à plusieurs reprises quand je touchais le fond, laissons donc triompher l’amour plutôt que la haine.
Permettez-moi aussi de saluer ma maman : elle s’est sacrifiée pour me permettre de réussir.

Quelles sont vos racines ?
Mon père est libanais, ma mère ivoirienne. Et moi, j’ai grandi en Belgique, ma patrie. Je suis issu d’une famille de trois enfants. Je n’ai pas connu mon père. Ma maman a pris mon éducation en main. Elle s’est occupée de tout. Elle a assumé le rôle d’une mère et d’un père. Elle était assez dure, autoritaire, mais aimante. Son héritage m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui. Grâce à elle, j’ai connu des moments durs, difficiles, mais aussi heureux, joyeux, déterminés.
Maman n’est pas le genre de femme à baisser les bras. Elle m’a appris les lois de la vie, qui ne fait pas de cadeau. A me battre pour tout obtenir.

Qui était Ryad Merhy enfant ?
Un petit gars né en Côte d’Ivoire. J’ai quitté le pays à l’âge de 2 ans. Je ne me souviens pas très bien de cette période de ma vie, seulement qu’on me surnommait « La Puce » ! J’étais minuscule mais j’avais toujours envie de bouger. Devenir boxeur ne m’a cependant jamais traversé l’esprit. J’aimais, comme tous les jeunes du quartier, courir derrière un ballon. Le foot me passionne encore aujourd’hui. J’ai découvert le pouvoir des gants à 14 ans. Capable de canaliser mon énergie, cette discipline s’est révélée parfaite pour l’ado que j’étais. La boxe allie la force à l’intelligence, mais surtout à l’envie de se dépasser. Sans oublier la sensation magique des énergies positives.

Que dites­-vous aujourd’hui au pays qui vous a accueilli ?
Merci. Mille fois merci. La Belgique est une belle terre d’accueil. C’est un pays multiculturel avec un beau métissage.
Ouvrons donc les yeux, les cœurs suivront. Vous disputez vos combats sous les couleurs d’« I Like Belgium ».

Pourquoi aimez­-vous ce pays ?
J’aime la Belgique parce qu’elle offre une chance aux gens qui se lèvent tôt pour travailler. C’est un pays qui vous accueille les bras ouvert. Après, c’est à nous de montrer qu’on veut s’élever socialement. A nous de nous battre pour montrer notre reconnaissance. Quant à « I Like Belgium », c’est un slogan, une action, une philosophie qui me correspond parfaitement. Réunir toutes les couches sociales d’un pays, toutes les communautés autour d’un slogan donne de l’optimisme à la vie. C’est ça, la force du vivre-ensemble. « I Like Belgium » met en valeur l’amour de la Belgique et en révèle les talents. Une idée géniale, car les Belges ont trop tendance à réaliser leurs exploits dans l’ombre. Cette action, ce slogan ne s’arrêtent pas uniquement aux sportifs ou aux artistes, ils aident aussi des entreprises à être connues. La boxe sauve souvent de jeunes désœuvrés qui n’ont rien dans la vie et ont besoin d’une bouée de sauvetage. Votre histoire est la preuve qu’on peut réussir même quand on vient de loin.

Au moment d’écrire votre destin, lors du championnat du monde en mars dernière, à quoi, à qui pensez-vous ?
Je pense au pays qui m’a accueilli quand j’étais enfant, qui a fait de moi un homme, qui m’a donné la chance de réaliser mon rêve. Il me tient à cœur de le souligner à une époque où l’on oppose les communautés, à un moment où les migrants font peur, où même votre voisin risque de subir vos doutes. Encourageons plutôt les gens à se donner la main, cette main qui m’a sauvé à plusieurs reprises quand je touchais le fond, laissons donc triompher l’amour plutôt que la haine.

Vous aimeriez être un modèle pour d’autres qui cherchent leur voie ?
Je ne cherche pas à être un porte-drapeau ou un modèle. Mais si mon parcours et ma rigueur peuvent motiver et aider des jeunes dans un trajet de vie, j’en serai le plus heureux. Savoir que vous aidez des jeunes à pousser la porte d’une salle de sport plutôt que de traîner dans la rue est un sentiment indescriptible. Une fierté. Je suis conscient que je véhicule une image positive et saine. Donc, je fais attention à ce que je dis et conseille. Je reçois parfois des mails ou des messages de jeunes qui me disent que je suis un exemple de motivation pour eux. Ça me touche beaucoup.

Avez­-vous été victime de racisme dans votre vie ?
Oui, un peu comme tout le monde ! J’ai grandi dans une commune où les insultes n’étaient pas rares. Plus bêtes que méchantes, car pourquoi s’intéresser à la couleur de la peau ? En définitive, ce fut une source de motivation pour m’élever et ne plus avoir à subir.

Que dites­-vous à tous les jeunes qui tombent dans la violence parce qu’ils ne se sentent pas intégrés et n’ont pas de travail  ?
Qu’ils ne font pas assez d’efforts ! Qu’ils n’ont pas consacré assez de temps à la recherche d’un travail. La vie n’est qu’une question de choix et de motivation. Chaque décision influence notre futur. On récolte ce qu’on sème. Il faut donc se donner les moyens de réaliser ses rêves, se retrousser les manches pour devenir celui que l’on veut être. Quand vous mettez tout en œuvre pour réussir, vous ne pouvez avoir le moindre regret si vous échouez.

Que dites-­vous à ceux qui n’aiment pas la boxe, ou les autres sports de combat, parce qu’ils sont violents ?
Je leur dis qu’ils ne m’ont pas encore vu boxer ! (Il rit) Plus sérieusement, la boxe, c’est l’escrime du poing : il faut toucher l’autre sans se faire toucher. Très compliqué au plus haut niveau. Cela dépend de l’agilité mais aussi de l’intelligence du boxeur. Les escrimeurs du poing étudient leur rival d’une manière scientifique. Ils décortiquent tout. D’autres évoluent davantage dans une boxe physique. Il est vrai que certains combats sont difficiles à regarder, tant ces deux sportifs mettent toute leur énergie du désespoir à arracher la victoire. Certains y jouent leur vie, car décrocher une ceinture mondiale peut changer votre destin.

Vous marchez sur les traces de légendes comme Cassius Clay alias Muhammad Ali, Mike Tyson et d’autres. Quel est votre sentiment ?
Ils sont incomparables. Ils ont marqué l’histoire de la boxe. Ce serait un blasphème de me comparer à ces grandes légendes. Très honnêtement, si j’arrive à 75 % de leur carrière, ce sera déjà un honneur. Je ne suis encore qu’un débutant. J’ai 25 ans et je boxe depuis dix ans. J’ai encore tout à prouver. Pouvoir gagner la ceinture mondiale de la fédération WBA serait une chance inouïe.

.Marc Duvinage